Absence de 2 semaines poour cause de départ en Charentes avec ma Lilo.
Ca va un peu me manquer de ne pas écrire, mais on va dans une super maison près d'une abbaye : Lilo dessinera, Stitch écrira. Et je vous promets que ce séjour me fera du bien, et que je serais détendue et que j'écrirai.
Sometimes, all you can do is keep breathing...
Keep breathing, by Ingrid Michaelson
Musique assortie à l'article sur le coté, ou ICI
J'étais partie pour tout écrire en Anglais mais si vous ne comprennez rien, c'est pas franchement utile...
Parfois, tout ce que vous pouvez faire c'est continuer de respirer...
Et pourtant parfois, vous n'avez pas, mais alors pas du tout envie de continuer à respirer...
Envers et contre tout, malgré le fait que vous ayez envie de tout sauf de continuer à respirer...
Continuez...
Mais pour qui, pour quoi?
Tu sais quoi...?
J'ai plus envie de respirer moi.
J'en ai assez.
Et pourtant, j'ai pas le choix...
Là j'ai envie de tout déchirer, page par page et de les brûler ,de les regarder brûler...
Ca sert à quoi d'écrire, ca sert à quoi de regarder la vie passer, ca sert à quoi de respirer?
J'ai envie d'arracher ma pendrie, de faire des trous dans mes robes à 400¤, de vomir mes tripes, d'aller me jetter dans la Seine (Ca me prends très souvent en fait cette envie là...).
J'ai même pas la force d'aller chercher un pot de Haägen- Dazs...
C'est déséspérant. Désépérant et ridicule. Déséspérant, ridicule, et stupide.
J'ai envie de sauter à pieds joints sur tout ce que j'ai, les bijoux, les sacs...
J'ai la folle idée d'essayer d'assomer un passant innocent en balancant un an de magazines sur sa tête.
Je voudrais donner des coups de pieds dans mon ordinateur tout neuf jusqu'à ce qu'il se ratatine, jouer au lancer de poids avec mon portable...
Juste avoir une chambre vide. Vide, vide, vide...
M'asseoir en plein milieu et essayer de me persuader que ma chambre à le même effet que la place du Tertre..
Pour vous expliquer, voici un texte, écrit le Vendredi 11 Mai 2007, ou peut-être le samedi suivant...
J'avais toujours voulu trouver lapersonne qui lirait tout avant tout le monde, mais j'ai pas trouvé... Alors vous l'aurez tous ensemble...
Il faut que je m'échappe.
Si je ne m'enfuis pas tout de suite je vais craquer. Il faut que je sorte. Maintenant.
Rien ne me retient en fait. Je suis seule ce soir, comme tant d'autres soirs d'ailleurs.
J'attrape un sac et je ferme la porte. Je m'en vais. Je saute dans le premier bus qui va m'emmener loin. Très loin.
Ca fait pas si longtemps que je suis partie. Je suis à Montmartre. Je me sens l'âme d'une Nicole Kidman dans une pub pour Chanel. Tout est si paisible. J'ai l'impression que rien ne peut m'atteindre.
Je domine Paris, illuminé de vie. Comment peut il être si vivant quand je me sens si morte...
Ici personne ne me prend pour une folle. C'est bien le seul endroit.
Je commence à marcher autour du Sacré-C½ur. Je ne sais pas vraiment où je vais, mais j'y vais. Je réfléchis aussi lentement que je marche. Plusieurs idées me viennent... Elles sont toutes noires et morbides. Je les chasse en fermant les yeux : je tourne sur moi-même... Je m'arrête. Je vais aller par là. Déjà 20h00, que le temps passe vite là où le monde est beau. J'ai fini par atteindre la Place du Tertre. Là, j'ai juste envie de m'asseoir en plein milieu et de me mettre à pleurer minablement. De toute façon c'est comme ça que je me sens en cet instant : minable.
C'est ce que je fais : Je m'assieds, en plein milieu, le visage face au ciel et je me mets à pleurer. Un peintre s'approche : « Ca va Mademoiselle ? ». Je ne quitte pas le ciel des yeux, mais je lâche en souriant « Non. ». Je hoquette et ravale un sanglot avant d'ajouter « Mais vous inquiétez pas. Ca va passer. »
Je reste. Un peu. Et je me relève, je vais marcher. Y'a des gens vachement bizarres par là. C'est pas grave, on est pareils. Eux aussi ils sont dingues. Je suis sûre qu'on s'entendrait bien. Je tourne en rond. Je suis revenue devant le Sacré-C½ur. Tiens, j'vais descendre l'Escalier. Cet escalier si connu, si romantique, tellement photographié. Y'a toujours des tas de gens dessus, des amoureux, qui immortalisent leur passion sur du papier glacé avec ce joli fond Made in Paris.
Ce soir, à 21h, y'a que moi. Ils en sont presque effrayant ces escaliers : si sombres, si déserts et si grands... Un véritable prototype de film d'horreur. L'angoisse Hitchcockienne par excellence. Peut importe, je veux descendre.
Si seulement ces escaliers pouvaient m'emmener ailleurs... J'en viens à me dire que si jamais un malade me tuait, là, tout de suite, personne ne pourrait m'accuser de suicide... Je descends avec une lenteur quasi ridicule. Mais arrivée en bas, je suis toujours en vie.
Et maintenant... De l'eau. L'eau lave de tous les maux. C'est par où la Seine ? Par là. A pied, ca va prendre du temps, c'est parfait.
J'arrive près des Halles. Je contourne, ou pas ? Je contourne pas. C'est le Destin de toute façon. Je passe, l'air blasé. Y'a du monde : Des dealers, des drogués, des gens ivres... J'en sors. Vivante et presque déçue... J'arrive sur le Pont Neuf, je monte sur la rambarde et je m'assieds. Y'a personne. Je pourrais peut-être sauter... Là, silencieusement, ça ferrait juste « plouf ». Je contemple longuement les reflets des réverbères dans l'eau. Je ne vais pas sauter, je ne sais pas pourquoi mais je ne vais pas sauter...
Y'a quoi dans mon sac? Et mes poches? Mes cours de la journée, un portefeuille, le classeur bleu, un portable, quelques bonbons, un briquet ; rien de plus.
Je sors un bout de papier, et un stylo. Je trace soigneusement quelques lettres. Puis je n'ai pas envie d'arrêter d'écrire, alors j'ajoute tout ce qui m'insupporte, tout ce qui me fait pleurer, ce qui me tue... Je range le stylo, et je lance la feuille à l'eau. Je la regarde s'échouer et j'imagine l'encre se distiller dans l'eau... Comme si tout ça était parti de moi et se répandait maintenant dans d'autres veines. C'est purement psychologique, et alors ? Il est 22h45. Et si j'allais prier ? Je ris. Quelle drôle d'idée. Je devrais rentrer chez moi ; y'a DST demain matin. De physique en plus... Non, pas tout de suite, encore un peu, juste un peu...
Je marche jusqu'à ce pont qui est toujours désert... Je visse mon MP3 sur mes oreilles. La petite musique légère de West Side Story... Je ferme les yeux, je danse, toute seule. Mon cavalier n'est fait que d'air et d'illusion... Une illusion, encore une...
Je devrais vraiment rentrer... J'erre un peu. Beaucoup. Puis je me décide : j'attrape un métro à Saint Michel, et je reprends un RER avec la tête d'une enfant au retour des vacances.
Je suis de retour chez moi. Il est minuit passé et rien n'a bougé, pas même la télé que j'avais laissé allumée. Je l'éteins et monte paresseusement les escaliers. Je laisse glisser mes vêtements sur moi et passe un de ces fameux T-shirts bien trop grands. Je reste plantée debout un petit moment, avec cette drôle d'allure, comme si je ne savais pas ce que je devais faire... Je me laisse mollement tomber dans mon lit avec une envie de repartir. Mais non, je ne peux pas.
Et puis dans le fond, ça va mieux.
Il faut que ça aille mieux ; parce que si ça ne va pas mieux, je ne sais pas ce qui me reste. Je comate en écoutant « Your Song ». Je tente d'esquisser un sourire qui se transforme en une grimace pathétique sous l'effet des larmes.
Il faut que ça aille mieux.
Il le faut.
Je viens de me faire refaire un visa au Hess-Tea club.
Pour une fois, ne cherchez pas à comprendre, c'est inutile.
Mais je pars demain matin en Charentes avec ma petite Lilo, alors je vais continuer de respirer. Même si j'en ai pas envie.
So all I can do is keep breathing...
Faux-Taux : C'est moi, qui ai pris cette photo... Elle est moche, mais c'est moi qui l'ai prise, depuis le Sacrée-Coeur... Par contre, de là à vous dire quand... ^^ Mais j'l'aime bien dans sa laideur dramatique...
Awfully Yin



